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Extension du collodion

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Il n’est pas à recommander de collodionner une plaque en se servant de flacons pouvant contenir plus de 150 à 200 c. c., et ceux de cette dimension ne doivent même être remplis que jusque environ la moitié.
Plus grand, le flacon est lourd, et s’il est rempli, le collodion a une tendance à couler le long des parois. Des flacons très-convenables ont été introduits pour le travail à l’atelier; et pour celui en campagne des flacons de 200 c. c. conviennent très-bien (1). Il vaut mieux se servir de bouchons en liège que de bouchons en verre; ils nettoient l’intérieur du goulot, tandis que les autres y adhèrent ou sont rejetés au dehors par les vapeurs d’éther que produit une élévation de température.


Quand c’est possible, on ne recueillera pas dans le même flacon l’excès de collodion qui s’écoule de la plaque : car toute poussière qui serait entraînée, pourrait se trouver sur la plaque suivante; d’un autre côté, par l’évaporation de l’éther, le collodion deviendrait trop épais, avant que l’on n’ait collodionné beaucoup de plaques.


(1) Un large goulot facilite l’écoulement et empêche le collodion do couler le long du flacon.

Avant de collotionner la plaque, on enlèvera la poussière à l’aide d’un large blaireau parfaitement sec; on doit avoir soin de ne pas frotter trop vivement, pour éviter le développement de l’électricité.
Si on se sert de la ventouse pour tenir la plaque à collodionner, on la placera au milieu de la glace, comme il est indiqué en P dans la figure. On tiendra d’abord la plaque horizontalement, les angles 1 et 2 étant les plus éloignés de l’opérateur. On versera une certaine quantité de collodion en S, en tenant le flacon aussi rapproché que possible de la plaque, pour éviter la formation de bulles d’air. Quand le collodion atteindra l’angle ], la quantité sera suffisante (ou un peu plus) pour couvrir toute la plaque. On inclinera ensuite celle-ci de façon à la couvrir entièrement de collodion, en le faisant couler d’abord vers l’angle 2 puis vers 3, et recueillant l’excès à l’angle 4. On dressera ensuite la plaque, jusqu’à ce que tout l’excès se soit écoulé, après quoi on la remettra dans une position horizontale, en conservant cependant une légère inclinaison vers l’angle 4. On balancera doucement la plaque, en évitant qu’elle ne frotte sur les bords du flacon, car les petites particules de verre qui tomberaient dans celui-ci, apparaitraient en tâches sur des négatifs ultérieurs.
Il faut éviter de faire passer le collodion deux fois à la même place, surtout près des angles 1 et 2 ; il en résulterait à cet endroit une épaisseur dans la couche, que l’on verrait en l’examinant par transparence. Si une bulle d’air se trouvait dans la couche, on collodionnerait une seconde fois, de façon à l’entraîner. Quand le collodion ne s’égoutte plus à l’angle 4, et qu’à l’angle 2, il a fait prise, la plaque est prête à être mise au bain. C’est l’évaporation partielle de l’éther et de l’alcool qui fait faire prise au collodion.
Si l’on n’a pas de ventouse à sa disposition, on tiendra là plaque par l’angle 2 entre le pouce et l’index, mais de façon à ce que le pouce ne la retienne que par la pointe extrême de l’angle. De cette façon, la plaque entière peut être couverte, et l’on évite ce coin triangulaire non enduit que l’on remarque si souvent sur les plaques.
Quand la plaque est trop grande pour qu’on puisse la tenir aisément comme nous venons de le dire, on peut se servir avec avantage d’une bouteille, dans laquelle on met du plomb de chasse pour en augmenter le poids.

Dans le goulot, on introduit une tige qui extérieurement se termine par une boule en bois recouverte de peau de chamois, C’est sur cette boule que Ton appuie un des angles de la plaque que l’on tient par l’angle opposé, comme il a été dit ci-dessus.
Dans les chaleurs, 2 minutes suffisent généralement, pour que le collodion fasse prise, tandis que par les temps froids, il faut attendre 5 ou 6 minutes ou même plus. 11 est important do saisir le moment convenable auquel il faut sensibiliser la plaque, autrement on observera des défauts, soit pendant le développement, soit pendant la sensibilisation. Il va sans dire que l’opérateur s’est assuré que son collodion ne renferme pas de petites particules de pyroxyle non dissoutes, ou des poussières, et que le goulot du flacon ne renferme pas d’incrustations.
Si c’est possible, on décantera le collodion d’un grand flacon dans celui destiné au travail; cette décantation se fera soit au moyen d’un siphon, comme ceux employés clans les laboratoires, soit en laissant écouler soigneusement la couche supérieure. On peut se procurer des réservoirs à collodion rie diverses grandeurs, munis d’un robinet, placé à environ 3 à -1 centimètres du fond, qui permet de soutirer le collodion parfaitement limpide. 11 peut cependant arriver souvent, que même la décantation n’exempte pas le collodion de légères petites particules. Dans ce cas on doit recourir à la filtration, et l’appareil fourni par MM. Powell, de White Friars, convient très-bien.
A, est un entonnoir dont les bords ont été rodés, et qui se ferme à l’aide de la plaque de verre li. En C, on place du coton que l’on tasse légèrement, et que l’on mouille ensuite avec de l’alcool (D 820).
On verse le collodion dans l’entonnoir, d’où il filtre à travers le coton dans le flacon placé en dessous.

Sensibilisation des plaques.
La plaque étant recouverte do collodion, l’opération à lui faire subir est la sensibilisation, qui permette à l’image de s’y imprimer. On la place sur l’angle par lequel le collodion s’est écoulé (1), et la soutenant avec le crochet, on la laisse descendre dans le bain, graduellement et sans arrêt.
Une fois recouverte, la glace doit être maintenue en mouvement, en la soulevant et rabaissant, jusqu’à ce que toute strie graisseuse, provenant de la répulsion de l’eau pour l’alcool, ait disparu. Dans les temps froids cela dure généralement 2 minutes, une minute en été.
Quand on ne tient pas la plaque ainsi en mouvement, il peut arriver que l’alcool se réunisse en traînées à la surface de la couche, et empêche le bain sensibilisateur d’atteindre les iodures et les bromures qu’elle renferme. (Il faudra bien faire attention, dans cette partie de l’opération, de tenir la plaque bien recouverte pendant la. 1″‘ minute, sinon la couche serait inégalement sensibilisée, et aurait l’apparence de la soie humide). Quand enfin l’alcool se sera dissout dans l’eau, les traces de ces traînées seront moins sensibilisées, que les parties qui ont été immédiatement en contact avec le bain, et le résultat sera un négatif strié; en lavant l’alcool, à l’aide de ce mouvement, on empêche les traînées de se produire, et la sensibilisation doit s’effectuer uniformément, même avant lu, disparition complète des stries graisseuses.
Quand celles-ci auront disparu, on laissera la plaque en repos dans le bain, pendant 1/2 à 3 minutes; après quoi l’ayant soulevée quelquefois, on la retire.
Cette dernière opération se fait généralement d’une façon précipitée. Si l’on réfléchissait davantage à chaque opération que l’on exécute, on éviterait bien des accidents, et on gagnerait beaucoup de temps. Avec un peu de réflexion, on comprendrait l’utilité de retirer la plaque très-lentement. L’attraction capillaire du liquide du bain pour celui qui se trouve sur la plaque prévient, si on lui laisse le temps, la nécessité de l’égouttage.

(1) Quelques opérateurs préfèrent la placer soi1 l’angle opposé, ruais on s’expose ainsi à avoir en cet endroit une épaisseur de collodion.

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Photographie

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